— LA VIELLE À ROUE —

« La vielle à roue a toujours été un instrument contemporain des époques qu’elle a traversées et, n’en déplaise à certains empêcheurs de tourner en rond, cet instrument polyvalent reste ouvert à toute nouvelle approche musicale, technique ou organologique. »

Pierre Imbert – Avant Propos dans « Vielle à roue – territoires illimités » – FAMDT

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Présentation de la vielle à roue en vidéo


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L’instrument

Par définition, la vielle à roue est un instrument de musique à cordes frottées. Les cordes sont frottées par une roue, tournée avec une manivelle activée par la main droite du musicien, pendant que sa main gauche joue la mélodie sur un clavier. Alexis joue sur une vielle à roue réalisée par Jean-Paul DINOTA.

Les prémices de la vielle à roue remonteraient au dixième siècle, avec l’apparition de l’organistrum. Cet instrument, équipé de cordes frottées par une roue en bois, était joué par deux musiciens ; l’un tournait la roue grâce à une manivelle et le second tirait les touches d’un clavier dans lequel passaient les cordes mélodiques.

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La vielle à roue possède différentes cordes

—- Les chanterelles —-

Ce sont les cordes mélodiques de l’instrument. Elles passent à l’intérieur du clavier où elles sont frappées par les sautereaux (pièces de bois chevillées sur les touches) lorsqu’une touche est enfoncée par le doigt du musicien. La longueur vibrante des cordes, ainsi réduite, produira, pour chaque touche appuyée, un son différent appelé « note ». L’accord de ces cordes à vide, c’est-à-dire la note produite sans touche du clavier enfoncée, est variable suivant le répertoire interprété et reste à l’initiative du musicien. Le nombre de ces cordes varie également : il peut aller d’une à quatre cordes, jusqu’à huit pour certaines vielles contemporaines.

—- Les bourdons —-

Ce sont les cordes généralement les plus graves de la vielle à roue, dont la note reste la même durant tout le morceau de musique. Ce procédé permet un accompagnement de la mélodie. On retrouve des bourdons sur d’autres instruments de musique comme, par exemple, la cornemuse.

—- La corde trompette —-

C’est une corde bourdon équipée d’un chevalet mobile (pièce de bois sur laquelle repose la corde) dédiée à la percussion. Lorsque l’on accélère la vitesse de rotation de la roue et donc l’amplitude du mouvement de la corde, le chevalet mobile, solidaire de la corde, est entrainé lui aussi dans son mouvement et vibre à la même cadence, en produisant un son caractéristique de la vielle à roue. Le musicien se sert de cette vibration pour créer un rythme en donnant des petits coups brefs grâce à la manivelle. Appelés « coups de poignet » ou « détachés », ces coups, ajoutés au mouvement de la rotation à des moments précis, font vibrer succinctement le chevalet mobile pour produire un rythme. On appelle ce chevalet mobile plus communément le « chien », mais aussi la « cigale » ou le « trompillon ».

—- Les cordes sympathiques —-

Ce sont des cordes métalliques qui ne sont ni frottées, ni grattées. Entièrement libres, elles produisent un son en entrant en vibration par simple résonance (c’est-à-dire par sympathie) avec les notes jouées à la même hauteur (fréquence). On retrouve ce procédé sur d’autres instruments comme le sitar ou le violon d’amour. Les cordes sympathiques ne sont pas obligatoirement présentes sur toutes les vielles à roue.

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